Les graines de neem valorisées pour lutter contre les insectes ravageurs du riz

La méthode est expérimentée par des chercheurs de l’IRAD pour améliorer la production dans les écosystèmes irrigué de Maga et pluvial de Maroua.

Le riz fait actuellement partie des aliments de base des populations urbaines et rurales au Cameroun. Mais la production nationale évaluée à 140 000 tonnes en 2024, reste largement inférieure à la demande traduite par la consommation et estimée à 648 085 tonnes. Cet écart considérable entre la production et la demande nationale est due à plusieurs facteurs dont les plus importants sont la faible diffusion des paquets technologiques à fort impact et la faible compétitivité de la production locale. Les insectes ravageurs du riz constituant une menace très sérieuse en riziculture (irrigué et pluvial) dans la région de l’Extrême-Nord Cameroun et occasionnant des pertes de rendements n’ont pas reçu l’attention méritée en tant que contrainte principale à la production rizicole en Afrique.

D’où l’intérêt d’une étude conduite en vue d’améliorer la production du riz par une bonne gestion des insectes ravageurs du riz en utilisant des méthodes appropriées de lutte contre ces insectes ravageurs à l’Extrême-Nord Cameroun dans l’écosystème rizicole irrigué de Maga et l’écosystème rizicole pluvial de Maroua. C’est dans le cadre du projet intitulé « contribution à la diffusion des technologies innovantes de production et de post-récolte de riz dans la région de l’Extrême-Nord » sélectionné pour l’appel import-substitution de l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement (IRAD). Les travaux sont réalisés par une équipe constituée de Sadou Ismael, Mondjeli, Wassouo, Sidsi, et Tezore.

En effet, l’utilisation excessive des pesticides de synthèse a favorisé l’accoutumance puis la résistance des ravageurs (Vaissayre et al., 2006). Pour toutes ces raisons, au Cameroun, les acteurs de la filière riz s’intéressent de plus en plus à des moyens de lutte alternatifs respectueux de l’environnement tels que les extraits de plantes à effet insecticide. Or le neem Azadirachta indica A. Juss, plante ayant fait le sujet de milliers d’articles scientifiques et de plusieurs conférences confirmant son extraordinaire activité biologique (Schmutterer, 1990, De Groot, 1996, Puri, 1999, Kumar et al., 2003, Biofil, Lesueur, 2006, 2008, Faye, 2010, Singh et al., 2010) est largement répandu dans la partie septentrionale du Cameroun (Tagne et al., 2002, Tamgno, 2011) et est traditionnellement utilisé dans la pharmacopée et dans la protection des cultures aussi bien en champs qu’en stockage (Aminatou, 2009, Tamgno, 2011).

Les graines de neem sont transformées en pâte.

Dans les écosystèmes rizicoles de la région de l’Extrême-Nord en particulier, l’extrait aqueux des graines de neem n’a fait l’objet d’aucune étude scientifique en vue de sa valorisation dans la lutte contre les insectes ravageurs du riz en champs. Dès lors, le présent projet a pour but de valoriser les produits dérivés de A. indica, en particulier l’extrait aqueux des graines de neem dans la protection du riz contre les insectes ravageurs du riz en champs.

L’objectif du projet est d’améliorer la production du riz par une bonne gestion des insectes ravageurs du riz en utilisant des méthodes appropriées de lutte contre ces insectes ravageurs dans les écosystèmes rizicoles de la région de l’Extrême-Nord Cameroun, à savoir l’écosystème irrigué de Maga et l’écosystème pluvial de Maroua. Il s’agira de déterminer la diversité biologique des insectes ravageurs du riz ainsi que leur répartition par stade phénologique ; évaluer l’effet de l’extrait aqueux de fruit de neem sur les insectes ravageurs en fonction des variétés et des stades phénologiques ; évaluer l’effet de l’insecticide lynx sur les insectes ravageurs en fonction des variétés et des stades phénologiques ; évaluer les dégâts d’insectes pendant le tallage en fonction des variétés et des traitements ; évaluer les pertes dues aux insectes foreur pendant la récolte en fonction des variétés et des traitements ; évaluer l’effet de l’insecticide lynx et l’effet de l’extrait aqueux de fruit de neem sur le rendement du riz ; évaluer l’effet des variétés de riz sur l’évolution de la population des insectes en fonction des traitements ; et évaluer l’effet des écosystèmes rizicoles sur l’évolution de la population des insectes ravageurs du riz et sur les rendements. 

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