Filière soja : des biofertilisants pour la productivité des sols

Des chercheurs de l’IRAD expérimentent des biofertilisants adaptés à la production du soja au Cameroun. Résultats attendus : des paquets technologiques susceptibles d’impacter les rendements et préserver la santé des sols.

Le soja est l’une des principales et importantes sources de protéines (40-42 %) et d’huile végétale (18-22 %) utilisées dans l’alimentation humaine et animale. Au-delà de ces atouts, le soja est également reconnu pour ses vertus médicinales, ses potentialités industrielles et son rôle dans les systèmes de cultures et la gestion durable des sols. Cependant, son rendement est limité au Cameroun par plusieurs facteurs dont les mauvaises pratiques culturales, la dégradation de la fertilité des sols et les changements climatiques. Ce qui entraîne des importations de grandes quantités de soja, malgré les opportunités en termes de zones agroclimatiques, de sols et de variétés améliorées. Ceci est en partie lié à la non-maîtrise des bonnes pratiques culturales, l’utilisation de la semence non adaptée, la pression des ravageurs et la dégradation des sols.

Pour inverser la tendance, une équipe de chercheurs de l’Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD) travaille, sous la conduite de Dr Basga Simon Djakba, sur un projet intitulé « Garantir la santé et la productivité des sols cultivés à travers le développement et la diffusion des biofertilisants adaptés à la production du soja au Cameroun ». L’objectif étant de développer des biofertilisants à base des bactéries symbiotiques (Rhizobium sp) adaptés pour la production du soja et l’amélioration de la fertilité des sols dans la zone soudano-sahélienne.

Le projet sélectionné dans le cadre de l’appel à projets import-substitution de l’IRAD lancé en 2025 vise la redynamisation de la filière soja et la réduction de son importation en mettant au point des paquets technologiques adaptés à l’optimisation des rendements et la préservation de la santé des sols. Lesquels adresseront ainsi les problèmes de fertilité des sols, de leur productivité en lien avec les variétés disponibles. D’une durée de trois ans, il permettra d’atteindre le rendement de 1,5 tonne par hectare en champ paysan.

Comme résultats attendus : les différentes souches de rhizobium dans différents bassins de production de soja seront isolées et caractérisées ; les biofertilisants à base des différentes souches de rhizobium seront produits ; les tests des performances des biofertilisants fabriqués sur trois variétés de soja seront conduits ; la détermination de l’effet des biofertilisants sur la fertilité des sols et le rendement du soja ; les biofertilisants adaptés à la production de soja et à la fertilité des sols seront vulgarisés auprès des acteurs de la filière soja ; la production annuelle du soja au Cameroun devra augmenter ; et la réduction des importations du soja.