Un projet de recherche de l’Institut porte sur cette pathologie répandue dans l’espèce bovine locale. Les données obtenues à terme orienteront la conception de vaccins locaux plus efficaces, adaptés au contexte épidémiologique camerounais.
La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est une maladie virale qui touche les bovins (vaches, veaux, taureaux). Elle se caractérise par la présence de la fièvre et des nodules sur la peau, les muqueuses et parfois les organes internes de l’animal. Causée par le virus de la lumpy skin disease (LSDV), cette maladie représente une menace majeure pour la filière laitière camerounaise, entraînant des pertes économiques dues aux importations croissantes de produits laitiers.
Ce phénomène très répandu dans la population bovine locale, à cause notamment de l’élevage extensif, des mouvements animaux, et des vecteurs, fait l’objet d’un travail de recherche sous le thème « Étude épidémiologique de la dermatose nodulaire contagieuse au Cameroun et comparaison moléculaire entre les souches circulantes et les souches vaccinales : une approche intégrée pour réduire la dépendance aux importations de produits laitiers », sélectionné dans le cadre de l’appel à projet « import-substitution » lancé par l’Institut de recherche agricole pour le développement.
Ledit projet vise à évaluer la prévalence et la distribution spatiale de la DNC via des enquêtes épidémiologiques sur le terrain, à identifier les facteurs de risque (élevage extensif, mouvements animaux, vecteurs) et à caractériser génétiquement les souches virales locales par isolation, séquençage (gènes comme GPCR, RPO30) et comparaison avec les vaccins importés. Des informations qui orienteront la conception de vaccins locaux plus efficaces, adaptés au contexte épidémiologique camerounais.
En intégrant épidémiologie, biologie moléculaire et analyse de risques, l’équipe pilotée par Dr Etchu Kingsley Agbor, avec Chouegouong Tuedom Mirelle comme investigateur principal, proposera donc des recommandations pour une vaccination adaptée, favorisant le développement de vaccins locaux ou recombinants. Ce travail mené en partenariat avec le laboratoire national vétérinaire (Lanavet), contribuera à la résilience du secteur agro-pastoral camerounais et à la réduction de la dépendance aux importations.

