Des biofertilisants pour renforcer la résilience aux changements climatiques

Un projet porté par des chercheurs de l’IRAD vise à restaurer les terres et améliorer les rendements agricoles en utilisant du compost obtenu à base des bouses de vache.

Le changement climatique est une réalité qui menace la sécurité alimentaire dans les zones tropicales et en particulier au Cameroun. C’est pourquoi, depuis ces dernières décennies, les populations courent de grands risques d’insécurité alimentaire, non seulement à cause de la croissance démographique mais aussi des effets des gaz à effets de serres, avec pour conséquence directe la sécheresse ou l’accentuation de la déforestation. En effet, les agriculteurs connaissent, ces derniers temps, une baisse abusive de leurs rendements à cause des irrégularités pluviométriques et des grandes poches de sècheresse, de l’acidification des sols et la diminution de leur fertilité. Les sols sont fondamentaux pour la vie sur terre et sont à la base du développement agricole et de l’environnement durable. Le diagnostic de la fertilité des sols et des aptitudes culturales du Cameroun en général et de Ngaoundéré en particulier, fait ressortir d’une part une baisse de fertilité due aux conditions naturelles des sols et d’autre part à une mauvaise gestion qui, de manière insidieuse, induit la dégradation des caractéristiques physiques, chimiques et biologiques.

Un site de production de compost à base de la bouse de vache

Il serait donc important de penser comment concevoir des techniques appropriées imitant les systèmes naturels à savoir, faire un amendement par apport d’engrais naturels (compost) issus des déchets ménagers et de matières fécales bovine, porcine, apicole, etc, en grande quantité d’une part, et de mener des cultures échelonnées tout en utilisant les variétés adaptées aux conditions du milieu. D’où le projet de « restauration des terres et amélioration des rendements agricoles en utilisant des biofertilisants pour renforcer la résilience au changement climatique au Cameroun » porté par l’équipe constituée de Dr Yaboki Elisabeth, Dr Wirnkar Lendzemo Venasius, Sounya Jean Boris, Ignatchimbie Bethléhem, Gove Arafat, Dr Tiki Denis, Vounba Claudine, Matakone Emmanuel, Fame Ndongo James.

L’objectif est d’améliorer la fertilité des sols agricoles (évaluer l’effet fertilisant du compost sur les sols agricoles), afin d’augmenter le rendement et la productivité agricoles, et de mener des techniques d’adaptabilité au changement climatique en vue d’une gestion et d’une utilisation durables des terres dans les zones soudano-sahélienne et haute savane guinéenne du Cameroun.

De manière spécifique, il s’agira de fabriquer des biofertilisants : 2 (deux) à 3 (trois) types de compost à partir des matières fécales des bœufs, chèvres, poules, ménagers, disponibles en grande quantité dans les localités cibles ; mener des essais sur le terrain avec des dates de semis échelonnées (semi-précoces, normales et tardives) afin de déterminer la meilleure période de semis et de comparer les rendements, en vue de la résilience aux changements climatiques ; évaluer le potentiel fertilisant du compost et du biochar par le suivi des paramètres physico-chimiques résultant des analyses de sols et biofertilisants ; effectuer des tests d’adaptabilité variétale aux calendriers météorologiques.

Essais en champ

Le processus de compostage se produit grâce à l’activité de micro-organismes (bactéries) et d’autres organismes plus grands tels que les vers et les insectes. Cette pratique pourrait être une alternative aux engrais chimiques qui sont devenus coûteux et qui acidifient davantage le sol. Plusieurs études ont montré que le compost ainsi que le biochar diminuent le pH du sol. Ils réduiront la pauvreté dans cette région du pays. Ce projet pourrait contribuer à résoudre plusieurs problèmes environnementaux, économiques et sociaux face aux effets du changement climatique.

Entre autres résultats attendus à terme, la lutte contre l’insécurité alimentaire en établissant des techniques culturales et pratiques climato-intelligentes ; le renforcement de la sécurité alimentaire dans les régions de l’Adamaoua et du Nord et en général dans l’Afrique subsaharienne ; la valorisation et le recyclage des déchets pastoraux et ménagers pour la protection environnementale ; la formation des éleveurs et agriculteurs dans la valorisation de l’agriculture biologique et la restauration des terres agricoles ; le renforcement des capacités des agriculteurs en pratiques climato intelligentes et l’utilisation des différentes variétés en fonction de leur cycle de vie ; la mise en place des semences améliorées et résilientes face aux effets du changement climatique ; la valorisation des données prélevées sur les biofertilisants et paramètres sur les plants en champs, faisant l’objet des articles rédigés et soumis dans les journaux à comité de lecture ; la rédaction et mise à disposition des fiches et itinéraires techniques sur les compostages et pratiques agricoles climato intelligentes.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *