L’Institut a organisé un atelier de formation des acteurs de 06 régions du Cameroun, du 23 au 25 septembre 2026 à Bangangté, dans le cadre du Projet PDCVEP exécuté avec l’appui de la BAD.

Parmi la trentaine d’éleveurs participants à la formation, Ardo Aliyou Garga, chef du village Menfoun Mbororo 3 dans le département de Bamboutos, région de l’Ouest. Eleveur bovin depuis sa naissance, il dit avoir compris notamment qu’on peut cultiver de l’herbe en abondance pour son bétail et éviter les conflits agro-pastoraux. Comme lui, les éleveurs bovins font de plus en plus face à la rareté des pâturages, du fait des ressources limitées en terres à cause de la croissance démographique, mais aussi de la saison sèche pendant laquelle le fourrage se fait rare.
Afin de réduire les pertes de productivité des troupeaux, les fourrages se sont révélés plus productifs en termes de biomasse et de valeur nutritive que les fourrages naturels. D’où le bien-fondé de cette formation organisée par l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement (IRAD), dans le cadre du Projet de Développement des Chaînes de Valeur de l’Elevage et de la Pêche (PDCVEP), du 23 au 25 septembre 2026 à Bangangté. A cette occasion, une trentaine d’éleveurs venus de 06 régions du Cameroun (Est, Ouest, Centre, Sud, Littoral et Nord-Ouest) ont été édifiés à la création et la gestion des parcours fourragers, la production des semences fourragères, la production et la conservation du fourrage.

Plusieurs modules ont meublé cette formation. Notamment celui portant sur l’implantation d’un champ fourrager (module I) articulé autour des thèmes tels que le choix et la préparation du site ; le choix et le traitement des semences (graines ; boutures) ; l’entretien et la gestion d’un champ fourrager ; la récolte… L’une des préoccupations des participants portait sur la sécurisation des espaces de pâturage et de production fourragère. Ils ont été encouragés à développer leurs propres parcelles et à se rapprocher des services compétents du ministère de l’Elevage en vue d’un accompagnement adéquat.
Les partages d’expériences des uns et autres ont permis d’en savoir sur différentes pratiques locales en matière de production des plantes fourragères, notamment le Brachiaria (culture climato intelligente qui s’adapte à toutes les zones agroécologiques). Grâce à des séances pratiques, les éleveurs ont appris des méthodes de récolte des semences et de foin et des techniques visant notamment à accélérer la germination. A l’instar de la méthode de scarification mécanique pour le Brachiaria sp et la méthode à l’eau chaude pour le Stylosanthes sp.

Selon le Chef de Division production animale et halieutique de l’IRAD, par ailleurs point focal PDCVEP, Dr Etchu Kingsley, l’objectif est d’améliorer les capacités des producteurs de Brachiaria. « Si les semences augmentent, les superficies de productions vont augmenter et les quantités d’aliments et de lait vont augmenter », explique Dr Etchu Kingsley. D’après lui, la demande en Brachiaria pour l’année 2027 est estimée à 36 tonnes et l’IRAD seule ne peut la satisfaire. D’où l’organisation de pareilles formations d’acteurs. Le chef de Centre Régional de la Recherche et de l’Innovation (CRRI), Dr Mogo Amos, a insisté sur la nécessité de renforcer les connaissances des éleveurs afin d’améliorer durablement la disponibilité et la qualité des aliments destinés au bétail.
Le chef d’antenne PDCVEP Zone 3, M. Mbila Valeri, a rappelé les objectifs et les attentes dudit Projet, à savoir le renforcement des capacités des éleveurs, l’amélioration de la productivité des exploitations et la promotion des pratiques permettant de mieux assurer l’alimentation du bétail tout au long de l’année. Le chef service des pâturages à la délégation régionale du ministère de l’Élevage, des pêches et industries animales (Minepia) de l’Ouest, M. Mbohou Ychaou, a pour sa part souligné l’importance pour les éleveurs de se rapprocher régulièrement des services déconcentrés du Minepia pour leur accompagnement technique, conseil et développement des systèmes d’élevage et de sécurisation des activités pastorales.


