Réduire la dépendance aux intrants et plastiques importés grâce au bambou

Le projet « BambooLab-Substitution » retenu parmi les 60 innovants de l’IRAD veut exploiter le plein potentiel de ce produit.

Classé comme produit forestier non ligneux, le bambou est encore jusqu’ici sous-exploité par les producteurs locaux. Pourtant d’après les experts, ce matériel biodégradable et durable joue un rôle important, notamment de par sa capacité à séquestrer rapidement le CO2 contenu dans l’atmosphère, contribuant ainsi à lutter contre le réchauffement climatique, ou à restaurer les sols face à l’érosion, tout comme ses feuilles très riches en azote peuvent être utilisées pour améliorer la croissance des plantes. C’est donc tous ces atouts que compte explorer le projet intitulé « BambooLab-Substitution : innovation à base de bambou pour des agrosystèmes résilients et moins dépendants des intrants importés au Cameroun ». La thématique a été retenue par l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement (IRAD) parmi les 60 projets innovants, à l’issue de l’appel à propositions lancé en octobre 2025 en droite ligne de la politique d’import-substitution du Cameroun.

Lancé solennellement le mercredi 13 mai 2026, le projet a pour objectif de développer et tester des solutions innovantes à base de bambou pour réduire l’usage des produits et intrants agricoles ainsi que les produits plastiques importés en matière agricole au Cameroun. Il est implémenté par un groupe de chercheurs de l’IRAD (Caspa Rose, Baiyabe Il-Matai, Bekwake, Bita Zambo et Etounou Sévérine), de Wageningen University (Dr Verina Ingram), de INBAR Cameroon (Dr Rene Kaam) et du CIFOR-ICRAF (Dr Gilles Ananfack). « Nous allons proposer des prototypes qui remplacent la matière plastique dans le domaine agricole et à base de bambou, promouvoir des services écosystémiques du bambou en association avec d’autres cultures », explique Séverine Etounou, membre de l’équipe de recherche.

Il est attendu comme résultats au bout de deux ans (2026-2028) : l’identification des espèces de bambou et la caractérisation selon leurs usages agricoles, la conception et le test des prototypes substitutifs, l’évaluation de la performance technico-économique, la création des pépinières communautaires, la formation et la sensibilisation des acteurs locaux formés, la structurale locale de la filière bambou, la publication des articles scientifiques et la vulgarisation des données scientifiques, et l’évaluation de la contribution environnementale.