Des chercheurs de l’IRAD intègrent le savoir-faire local et proposent une alternative de lutte durable et écologique contre ce bio-agresseur de cerises de café.
Le scolyte (Hypotenemus hampei) est le bio-agresseur majeur des baies de caféiers dans le monde. Ses attaques chez la plante hôte causent des pertes de production annuelle estimées entre 50 et 90% en caféiculture. Face à cette pression sélection forte du ravageur vis-à-vis des cerises de caféiers, les caféiculteurs font recours principalement aux insecticides chimiques (endosulfan par exemple) contre le scolyte pour optimiser les rendements agricoles annuels ; toutefois, ces molécules chimiques impactent négativement sur l’environnement, la biodiversité, la santé des producteurs et/ou des consommateurs…
Une équipe de chercheurs de l’IRAD composée de Baleba Cynthia, Dr Mahot Hermine, Pr Mahob Raymond Joseph, Dr Messi Angélique Nicolas, Mama Irène, Baleba Laurent et Moumbagne Mboutngam Mohamadou propose une alternative de lutte intégrée, économiquement viable/durable, et écologiquement saine contre le scolyte. Il s’agit de l’utilisation des pièges attractifs à base du matériel local.

Le projet intitulé « optimisation qualitative et quantitative de la production des agrosystèmes caféiers par l’utilisation des pièges attractifs locaux à base d’un mélange d’alcool contre le scolyte, principal bio-agresseur des cerises de caféiers Robusta dans le monde » est sélectionné pour l’appel import-substitution lancé par l’institut en novembre 2025. Il sera mené sous forme de recherche participative (chercheurs-producteurs) en milieu réel, en utilisant un dispositif avec des blocs essais et témoin complètement randomisés.
Les résultats attendus seront, entre autres, la réduction significative du taux d’infestation des baies de caféier et des populations de scolyte dans les plantations essaies, l’amélioration qualitative et quantitative des rendements ; la réduction significative voire l’éradication de l’importation des pesticides chimiques onéreux pour les producteurs au profit des produits locaux, non toxiques ou non polluant de l’environnement, et disponibles en permanence à moindre coûts (import-substitution), la sécurité alimentaire et sanitaire chez les consommateurs de café sans résidus pesticides/insecticides.
En conclusion, le projet vise non seulement à lutter contre le scolyte, mais aussi à proposer une méthode de gestion efficace, durable, économiquement viable (disponibilité locale durable de l’outil de lutte à moindre coût) et respectueuse de l’environnement en vue de sécuriser et de valoriser durablement la production bio « made in Cameroon » dans les agrosystèmes caféiers.

