Filière porcine : l’IRAD développe les races locales pour réduire les importations

La filière porcine camerounaise est confrontée à une forte dépendance aux importations (aliments, géniteurs, produits transformés), ce qui freine son développement et engendre une perte économique importante, estimée à 42 milliards de FCFA par an. Or, le pays dispose de ressources locales prometteuses : des races porcines locales, bien adaptées aux conditions locales, et des fourrages abondants comme le Pennisetum purpureum.

Fort de ce constat, les chercheurs de l’Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD) travaillent à développer les races locales. C’est dans le cadre du projet intitulé « contribution des races porcines locales du Cameroun à la stratégie d’import-substitution à travers la sélection génétique et la valorisation des ressources locales » implémenté par une équipe de chercheurs coordonnée par Dr Ghomsi Olivia en collaboration avec l’université de Yaoundé 1, et l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) Occitanie-Toulouse, France, ledit projet est retenu pour l’appel à projets import-substitution de l’IRAD lancé en 2025.  

L’intégration rationnelle de fourrage (ensilé) dans l’alimentation des porcs de race locale, combinée à une stratégie de sélection génétique adaptée et de transformation, améliore significativement les performances zootechniques, la qualité de la viande et la rentabilité économique, tout en réduisant la dépendance aux intrants importés. Partant de cette hypothèse, l’équipe s’est donnée pour objectifs l’amélioration génétique des porcs locaux par croisement avec d’individus hautement productif ; la formulation de rations alimentaires à base de fourrage ensilé, pour réduire les coûts et améliorer la digestibilité ; la transformation artisanale des produits porcins pour augmenter la valeur ajoutée ; et la formation des éleveurs et le renforcement des capacités de jeunes chercheurs.

Comme résultats attendus : un aliment local innovant à base de Pennisetum purpureum sera formulé, testé et validé pour l’alimentation porcine. Cette formulation permettra de réduire les coûts d’alimentation tout en assurant une croissance optimale des animaux ; l’utilisation de cette alimentation locale entraînera une amélioration significative des performances zootechniques des porcs, notamment en termes de gain de poids, de taux de conversion alimentaire et de qualité de carcasse ; le projet permettra également l’identification d’individus porcins locaux présentant un haut potentiel génétique, en vue de constituer un noyau de sélection qui servira de base à des programmes de croisement et de multiplication des races locales améliorées ; en aval de la filière, le projet appuiera la mise sur le marché de produits porcins transformés de qualité, contribuant ainsi à une meilleure valorisation économique de la production.

En plus, une dizaine d’éleveurs seront formés aux bonnes pratiques et à la gestion moderne des élevages porcins. 02 jeunes chercheurs vont bénéficier d’une formation diplômante. Enfin, une plateforme collaborative durable sera mise en place pour favoriser les synergies entre les institutions partenaires et assurer la continuité des échanges scientifiques et techniques au-delà du projet.